Ce que vous devez savoir sur la peur de souffrir en amour
- Selon l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (Inserm), les expériences relationnelles précoces influencent directement nos schémas amoureux à l’âge adulte
- Environ 25 % des adultes présentent un style d’attachement évitant, caractérisé par une peur de l’intimité selon l’American Psychological Association
- 68 % des femmes interrogées déclarent avoir reproduit au moins une fois le même type de relation toxique, selon une étude de l’IFOP
- La vulnérabilité émotionnelle est la condition nécessaire à une vraie connexion amoureuse, selon les travaux de Brené Brown vus plus de 60 millions de fois sur TED Talks
Tu le regardes et tu ressens quelque chose de fort. Mais en même temps, une petite voix dans ta tête te souffle que ça va mal finir. Dire « je l’aime mais j’ai peur de souffrir », c’est une phrase que des milliers de femmes murmurent sans vraiment savoir quoi en faire. Ce n’est pas de la faiblesse. C’est souvent le signe que tu as déjà vécu des blessures émotionnelles du passé qui ont laissé des traces bien réelles.
Selon une étude publiée par l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (Inserm), les expériences relationnelles précoces influencent directement nos schémas amoureux à l’âge adulte. Autrement dit, ce que tu vis aujourd’hui a souvent commencé bien avant cette relation.
Bonne nouvelle : comprendre ce mécanisme, c’est déjà commencer à s’en libérer.
Pourquoi est-ce qu’on aime et qu’on a peur en même temps ?

Ce paradoxe n’est pas dans ta tête. Aimer quelqu’un tout en redoutant la souffrance active deux systèmes émotionnels opposés en simultané. D’un côté, l’attachement et le désir de connexion. De l’autre, une alarme intérieure qui crie « danger ».
La théorie de l’attachement, développée par le psychologue britannique John Bowlby dans les années 1960, explique ça très bien. Bowlby a montré que nos premières relations avec nos parents construisent un modèle interne. Ce modèle, on le rejoue ensuite dans toutes nos relations adultes.
💡 Ce que dit la recherche : selon une analyse de l’American Psychological Association, environ 25 % des adultes présentent un style d’attachement évitant, caractérisé par une peur de l’intimité et une tendance à se fermer émotionnellement quand la relation devient sérieuse.
Si tu te reconnais là-dedans, t’inquiète pas. L’attachement évitant n’est pas une sentence, c’est un style appris – et donc modifiable.
Les blessures du passé qui bloquent tout
Parler d’amour sans parler du passé, ça ne sert à rien. Les blocages émotionnels qu’on traîne dans une nouvelle relation viennent presque toujours de quelque part.
Une rupture douloureuse non digérée
Une rupture douloureuse laisse des cicatrices invisibles. On croit être passée à autre chose, mais dès qu’une nouvelle relation devient sérieuse, les vieilles angoisses ressurgissent. Le corps garde la mémoire des trahisons, même quand le cerveau essaie de faire semblant d’avoir oublié.
L’angoisse d’abandon héritée de l’enfance
L’angoisse d’abandon ne naît pas forcément d’un drame. Parfois, un parent peu disponible, une relation froide ou instable suffit à installer cette peur viscérale d’être quittée. Cette angoisse se réactive automatiquement dès qu’on s’attache à quelqu’un.
Des schémas relationnels qui se répètent
Tu remarques que tu retombes toujours sur le même type de mec ? Ou que tu saboges systématiquement les relations qui partaient bien ? Ce sont des schémas relationnels répétitifs. Ils sont inconscients, mais ils pilotent vraiment ton comportement amoureux.
📊 Chiffre marquant : d’après une étude de l’IFOP publiée sur les comportements amoureux des Françaises, 68 % des femmes interrogées déclarent avoir reproduit au moins une fois le même type de relation toxique, sans en avoir conscience sur le moment.

La dépendance affective et le sabotage amoureux : deux pièges classiques
Ces schémas ont un nom, et ça aide de les identifier clairement.
La dépendance affective pousse à chercher en permanence la validation de l’autre. On a besoin d’être rassurée, de sentir qu’on est aimée à chaque minute. C’est épuisant pour les deux. Et ça génère une anxiété relationnelle constante qui étouffe la relation avant même qu’elle ait vraiment commencé.
Le sabotage amoureux, lui, fonctionne à l’envers. On provoque des disputes pour rien, on crée de la distance, on part avant d’être quittée. C’est un mécanisme de défense affectif très courant : détruire ce qu’on aime pour ne pas risquer de le perdre.
- Signe de dépendance affective : tu vérifies son téléphone, tu interprètes chaque silence comme un rejet.
- Signe de sabotage amoureux : tu trouves des défauts à la relation dès que ça devient sérieux.
- Signe de peur de l’engagement : tu t’enfuis dès qu’il parle d’avenir, même si tu l’aimes vraiment.
Ces comportements ne font pas de toi quelqu’un de mauvais. Ils signalent juste que ton système de protection tourne à plein régime.

Est-ce qu’on peut aimer sans se mettre en danger ?
Oui, mais ça demande un vrai travail sur soi. Et je vais pas te mentir : c’est pas toujours confortable.
La vulnérabilité émotionnelle est souvent perçue comme une faiblesse. La chercheuse américaine Brené Brown, dont les travaux sur la honte et la vulnérabilité ont été vus plus de 60 millions de fois sur TED Talks, dit exactement l’inverse : la vulnérabilité est la condition nécessaire à une vraie connexion amoureuse. Sans elle, on reste dans la relation avec une armure, et l’autre ne touche jamais vraiment à qui on est.
✅ À retenir : la confiance en soi en amour ne signifie pas ne jamais avoir peur. Elle signifie choisir d’avancer malgré la peur, parce qu’on sait qu’on est capable de traverser même les moments difficiles.
Comment travailler sur sa peur de souffrir en amour ?
Les mécanismes identifiés, place aux actions concrètes.
Consulte un professionnel de la psychologie
Consulte. Sans attendre que ça devienne une crise. La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) et l’EMDR – une thérapie spécialisée dans le traitement des traumatismes – ont fait leurs preuves pour traiter les blocages émotionnels liés aux relations. Des plateformes comme Doctolib ou Moka.care permettent de trouver un psy rapidement, sans liste d’attente de six mois.
Travaille sur ton estime de toi
L’estime de soi et les relations amoureuses sont directement liées. Quand tu te sens suffisamment bien dans ta peau, tu n’as plus besoin que l’autre comble tes manques. Lis des ressources sérieuses sur le sujet : le livre Imparfaits, libres et heureux du psychiatre Christophe André reste une référence accessible pour reconstruire une image de soi plus solide.
Apprends à nommer ce que tu ressens
Nomme tes émotions à voix haute, ou par écrit. Tenir un journal émotionnel aide à identifier les déclencheurs de ton anxiété relationnelle. Quand tu sais ce qui active ta peur, tu peux décider de ne pas la laisser piloter à ta place.
| Comportement observé | Mécanisme sous-jacent | Piste de travail |
|---|---|---|
| Fuir dès que ça devient sérieux | Peur de l’engagement / attachement évitant | Thérapie d’attachement, TCC |
| Besoin constant de réassurance | Angoisse d’abandon / dépendance affective | Travail sur l’estime de soi |
| Provoquer des crises pour rien | Sabotage amoureux | Journal émotionnel, EMDR |
| Répéter les mêmes choix amoureux | Schémas relationnels répétitifs | Psychanalyse, thérapie de schéma |
Dire « je l’aime mais j’ai peur de souffrir », c’est au fond une phrase courageuse. Ça veut dire que tu es consciente de ce qui se passe en toi. Alors utilise ça. Identifie ton style d’attachement, repère tes déclencheurs, et si t’en as la possibilité, accompagne-toi d’un pro. La peur ne disparaît pas toute seule, mais elle perd de sa prise quand on cesse de la laisser décider à notre place. Vas-y.



